Pour Fradet, « un tableau est toujours une histoire ». Mais peut-on comprendre les histoires de cet artiste tarbais ?
Ses histoires, il les raconte d’abord en choisissant un support : du bois, une toile, du carton, une photo, un journal qui traîne, un visage qui passe, etc.


Puis Fradet ferme les yeux et laisse faire ses mains. Elles prennent le contrôle et racontent ce que Fradet voit, dans sa tête. Elles dessinent, grattent, peignent, raclent, frappent et lavent. Se matérialisent alors des codes barres ou une forêt de troncs d’arbres, mais surtout des tâches et des formes géométriques. Rien d’étonnant quand on sait que Fradet admire Picasso, et Soulages par dessus tout.


Côté couleurs, la prédominance est sobre et stendhalienne : beaucoup de rouge et de noir, ainsi que du blanc. Les autres couleurs, utilisées avec parcimonie, apportent vie et personnalité à chacun de ses tableaux. Mais ils demeurent tous une énigme.


Par exemple ce cercle tracé au pinceau mais dont le premier jet au feutre apparaît toujours sur quelques centimètres. Pourquoi laisser ce brouillon ? Est-ce un oubli ? Ou fait-il désormais partie intégrante d’une œuvre insaisissable ?


Chaque tableau nous amène à nous interroger sur ce que nous percevons et interprétons, mais surtout sur ce que Fradet voit.


Alors même si l’on ne comprend pas toujours les histoires de Fradet, Fradet peint, et c’est tant mieux.